Les sites de communiqués de presse

Au début des années 2010, les sites de communiqués de presse occupaient une place assez importante dans les stratégies de référencement naturel.

Le principe était simple : un webmaster rédigeait un article pour présenter son activité, son site Internet, un produit ou une actualité, puis le proposait gratuitement à une plateforme spécialisée. Il pouvait généralement ajouter un ou plusieurs liens vers son propre site afin d’obtenir des backlinks et, espérait-il, d’améliorer son positionnement dans Google.

La plateforme y trouvait également son intérêt : elle recevait régulièrement de nouveaux contenus, théoriquement originaux, sans avoir à les rédiger elle-même.

À l’époque, cette méthode était souvent présentée comme une forme de référencement gratuit. Pourtant, gratuit ne signifiait pas forcément efficace, ni sans risque. Cette question est développée plus largement dans l’article Référencement gratuit : est-ce vraiment efficace ?.

Le problème est que de nombreux sites de communiqués de presse ont progressivement été utilisés comme de simples outils de création de liens. Les articles étaient parfois publiés avant tout pour obtenir un backlink, avec une qualité et un intérêt très variables pour les lecteurs.

Cette utilisation massive et artificielle des liens a fini par attirer l’attention de Google. C’est dans ce contexte qu’en juin 2013, plusieurs sites de communiqués de presse ont été pénalisés.

À retenir : à cette époque, ces plateformes étaient souvent utilisées moins pour informer les lecteurs que pour obtenir rapidement des liens vers un site.

Ce qu’il s’est passé en juin 2013

En juin 2013, plusieurs sites de communiqués de presse ont été pénalisés par Google. À l’époque, tout laissait penser qu’il s’agissait d’actions manuelles plutôt que d’une simple évolution automatique de l’algorithme.

Les conséquences étaient particulièrement visibles : la page d’accueil de certains sites disparaissait des résultats de recherche et leurs autres pages semblaient ne plus transmettre qu’un poids très faible en matière de référencement naturel.

En juin 2013, la perte de visibilité de plusieurs plateformes a été interprétée comme un avertissement adressé aux sites reposant principalement sur la création artificielle de backlinks.

Après avoir ciblé une partie des annuaires quelques années plus tôt, notamment autour de 2009, Google semblait donc s’intéresser de plus près aux sites de communiqués de presse et, plus généralement, aux plateformes principalement utilisées pour créer artificiellement des liens.

Cette situation a rapidement inquiété certains webmasters qui avaient publié des articles sur ces sites. Craignant que ces backlinks ne deviennent pénalisants, ils ont commencé à demander leur suppression aux responsables des plateformes concernées, notamment par peur d’être à leur tour sanctionnés par l’algorithme Google Penguin.

Qui est concerné ?

Les premiers concernés étaient naturellement les responsables des sites de communiqués de presse visés par Google. Lorsqu’un site était enregistré dans Google Webmaster Tools — devenu depuis Google Search Console — son propriétaire pouvait recevoir un message l’informant d’une action manuelle.

Pour les webmasters ayant obtenu des backlinks depuis ces plateformes, la situation était moins évidente. La présence de quelques liens issus de sites de communiqués de presse ne signifiait pas automatiquement qu’un site allait être pénalisé. Le risque semblait surtout augmenter lorsque ces liens occupaient une place trop importante ou présentaient un profil jugé artificiel.

À l’époque, je recommandais donc de vérifier plusieurs points dans son profil de backlinks :

  • une part importante des liens ou des domaines référents provenait de sites de communiqués de presse ;
  • de nombreux backlinks avaient été créés sur une période très courte ;
  • les ancres utilisaient principalement des mots-clés commerciaux ou très concurrentiels ;
  • un même article contenait plusieurs liens vers le même site ;
  • de nombreux articles avaient été publiés sur une seule et même plateforme ;
  • les liens provenaient majoritairement de sites pénalisés ou de faible qualité : contenus dupliqués, articles médiocres, très grand nombre de liens sortants ou absence de ligne éditoriale claire ;
  • une baisse brutale des positions ou du trafic issu de Google avait été constatée au même moment.

Concernant la proportion de liens provenant des sites de communiqués de presse, j’utilisais alors le seuil de 10 % comme simple indicateur de vigilance. Il ne s’agissait pas d’une limite officielle communiquée par Google, mais d’un repère permettant d’identifier un profil de liens potentiellement trop dépendant de ce type de plateforme.

Important : ce seuil de 10 % constituait un repère personnel utilisé à l’époque, et non une règle officielle de Google.

Un seul de ces éléments ne suffisait pas nécessairement à conclure à une pénalité. C’était surtout leur accumulation qui devait inciter à examiner plus attentivement la qualité et la diversité des backlinks.

Quoi faire ?

Si votre audit révèle une proportion importante de liens issus de sites de communiqués de presse, il est préférable d’agir avec méthode plutôt que de demander immédiatement leur suppression.

Vérifier la situation avant d’agir

Commencez par consulter Google Search Console afin de vérifier si votre site fait l’objet d’une action manuelle. Analysez ensuite les domaines qui génèrent le plus de backlinks et identifiez les liens qui semblent réellement artificiels ou de mauvaise qualité.

La présence de quelques liens provenant de sites de communiqués de presse ne suffit pas, à elle seule, à rendre un profil de backlinks problématique. Il faut surtout tenir compte de leur qualité, de leur nombre, des ancres utilisées et de la manière dont ils ont été obtenus.

Diversifier les sources de liens

La règle principale consiste à ne pas dépendre d’un seul type de plateforme pour obtenir des backlinks.

Un profil de liens diversifié peut notamment comporter :

  • des mentions naturelles sur des blogs ou des sites spécialisés ;
  • des liens provenant de partenaires ou de clients ;
  • des citations dans des articles d’information ;
  • des liens depuis des annuaires réellement utiles et thématiques ;
  • des liens vers des contenus apportant une véritable information aux internautes.

Il est également préférable de varier naturellement les ancres. Le nom du site, celui de la marque, l’adresse de la page ou une formulation intégrée dans une phrase sont généralement plus crédibles qu’une répétition systématique du même mot-clé commercial.

Ne pas supprimer tous les liens systématiquement

Tous les liens provenant de sites de communiqués de presse ne doivent pas nécessairement être supprimés.

Un article correctement rédigé, publié sur un site sérieux et cohérent avec votre activité peut encore constituer une mention légitime. À l’inverse, un lien intégré dans un contenu médiocre, dupliqué ou publié uniquement pour manipuler le classement de Google mérite davantage d’attention.

Une suppression massive et précipitée pourrait également faire disparaître des liens parfaitement acceptables, voire des sources de trafic encore utiles.

Un backlink ne doit pas être jugé uniquement selon la plateforme qui l’héberge : son contexte, sa pertinence et la qualité du contenu restent déterminants.

Corriger les liens les plus problématiques

Lorsque vous avez accès à l’article, vous pouvez commencer par modifier les liens qui semblent trop artificiels :

  • remplacer une ancre fortement optimisée par le nom du site ou son adresse ;
  • réduire le nombre de liens pointant vers votre site dans un même article ;
  • supprimer un lien qui n’apporte rien au contenu ;
  • améliorer l’article lorsqu’il est trop court, répétitif ou uniquement destiné au référencement.

Si vous ne pouvez pas modifier vous-même la publication, vous pouvez contacter le responsable du site pour lui demander de corriger ou de supprimer le lien.

Utiliser le désaveu uniquement en dernier recours

Lorsque des liens manifestement artificiels ne peuvent pas être supprimés, Google propose un outil permettant de les désavouer.

Cet outil ne doit toutefois pas être utilisé pour faire disparaître préventivement tous les backlinks jugés imparfaits. Il est surtout destiné aux situations dans lesquelles un site possède un nombre important de liens artificiels ou fait l’objet d’une action manuelle liée à son profil de liens.

Une mauvaise utilisation pourrait conduire Google à ignorer des backlinks pourtant légitimes.

Privilégier la qualité plutôt que les métriques

Pour évaluer un site de communiqués de presse, il ne faut pas se limiter à quelques indicateurs SEO.

Il est plus utile de vérifier :

  • la qualité et l’originalité des articles publiés ;
  • la cohérence thématique du site ;
  • la présence d’une véritable ligne éditoriale ;
  • le nombre raisonnable de liens sortants ;
  • l’absence de contenus créés en masse ;
  • l’intérêt réel du site pour ses lecteurs ;
  • sa capacité éventuelle à générer des visites, et pas uniquement un backlink.

Avec le recul, la meilleure stratégie ne consiste donc pas à rechercher un nombre précis de liens, mais à obtenir des mentions pertinentes, justifiées par le contenu et utiles aux internautes.

Principe durable : mieux vaut quelques liens cohérents et utiles qu’un grand nombre de backlinks créés uniquement pour influencer les moteurs de recherche.

Conclusion

Les pénalités observées en juin 2013 ne signifiaient pas que tous les sites utilisant des annuaires ou des plateformes de communiqués de presse allaient automatiquement disparaître des résultats de Google. De nombreux sites continuaient d’ailleurs à être correctement positionnés malgré la présence de ce type de backlinks.

L’essentiel était — et reste encore aujourd’hui — de ne pas dépendre d’une méthode unique pour développer la visibilité d’un site. Quelques liens provenant de communiqués de presse ne constituent pas nécessairement un problème lorsqu’ils sont intégrés dans des articles utiles, publiés sur des sites sérieux et cohérents avec la thématique abordée.

À l’inverse, l’accumulation de contenus médiocres, d’ancres fortement optimisées et de liens créés uniquement pour influencer les résultats de recherche peut fragiliser un profil de backlinks.

Il ne faut donc ni ignorer les liens manifestement artificiels, ni céder à la panique en demandant la suppression systématique de tous les anciens backlinks. La bonne démarche consiste à analyser leur qualité, leur pertinence et leur poids dans l’ensemble du profil de liens avant de décider d’une éventuelle action.

Avec le recul, cet épisode rappelle surtout quelques principes durables du référencement naturel : privilégier la qualité, diversifier les sources de visibilité, produire des contenus utiles et éviter les stratégies artificielles mises en place à grande échelle.

Le référencement est un travail progressif. Les techniques évoluent avec les moteurs de recherche, mais la patience, la régularité et la capacité à adapter sa stratégie restent essentielles.